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Trente minutes plus tard l’étau s’était resserré autour de Valence et les
personnes présentes sur les lieux marchaient dans l’eau. Un reporter réfugié en
haut d’un bâtiment racontait ce qu’il voyait : toutes les radios diffusaient son
témoignage en direct. Paul et ses compagnons s’étaient arrêtés pour écouter le
récit poignant de cet homme.
- Ce que je vois est cauchemardesque. Au sud, à moins d’un kilomètre se dresse
« l’Arlésienne », je ne vois pas le haut de ce gigantesque mur d’eau qui avance
sans bruit. La pluie cache la crête de la vague et on sent un vent violent, qui
ne cesse de croître. Au nord, le Rhône en crue a envahi la ville. Il passe sous
moi et traîne dans ses eaux troubles tout ce qu’il a balayé sur son passage.
J’aperçois des corps humains, des véhicules, des objets de toutes sortes. Des
gens crient, des bâtiments s’effondrent au milieu d’énormes éclaboussures. Je
suis un peu en amont du choc des deux masses liquides et j’ignore laquelle est
la plus dangereuse. Nul doute que cela va être un combat titanesque, espérons
que le Rhône stoppera la vague venue du sud ! Oh mon Dieu, je n’imaginais pas
« l’Arlésienne » aussi gigantesque ! Elle est maintenant à trois cents mètres de
moi et je vais devoir me réfugier sur le toit du bâtiment car le dernier étage
me semble trop bas !
Partout en France, les auditeurs vivaient le drame pendus aux lèvres du
reporter. Celui-ci reprit l’antenne, le bruit de l’eau couvrait presque
entièrement sa voix dans son téléphone. Quelques mots, criés plus fort que les
autres, purent être compris :
- l’eau monte… le toit craque… je tombe