Périls

Premier jour.

Paul Bénarian n’en revenait pas : tout ce qu’il découvrait autour de lui n’était que désolation. Depuis qu’un grondement sourd l’avait sorti de son lit, il avait l’impression de vivre un cauchemar. Réveillé à six heures du matin par un ronflement terrible, plus fort que celui de plusieurs moissonneuses-batteuses qui seraient passées en même temps à proximité de sa petite maison, il n’avait tout d’abord pas réalisé ce qui s’était passé. Les murs de sa chambre avaient tremblé, tout comme le plancher, puis des bruits de craquements avaient retenti dans la charpente, les vitres avaient éclaté, les cloisons s’étaient fissurées. Paul dut son salut aux sirènes des villages voisins qui avaient déchiré l’air simultanément et l’avaient tiré hors de chez lui.
Il n’avait eu le temps de s’emparer que de son poste radio et de sa sacoche de reporter amateur avant que le plafond ne s’écrasât sur son lit, dans un nuage de poussière. Il regardait dans toutes les directions et n’apercevait que des ruines : les bâtiments s’étaient ramassés sur eux-mêmes, le village était entièrement détruit, comme écrasé sous les pieds d’un géant invisible. Des cris hystériques, des pleurs, des gémissements, des aboiements plaintifs fusaient de toutes parts. Quelques villageois s’affairaient à dégager ici une femme coincée sous une poutre, là un enfant enseveli vivant. Paul venait de comprendre : un terrible séisme avait secoué son village méridional et les victimes devaient être nombreuses. Malheureusement, il assistait au drame, impuissant…

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Robjak à Craponne 10/2005 - robjak

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alias Robert JACQUES

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