…/…
Marine versa d’office du champagne dans des flûtes en cristal ; troublé par la
silhouette à peine voilée de sa belle-sœur, Jean se concentra sur le manège
incessant des bulles qui venaient mourir à la surface du délicieux liquide.
Quand la buée apparut sur les verres d’une limpidité parfaite, le trio trinqua.
Marine porta un toast au succès de Jean :
– À ton prochain livre ! J’espère très sincèrement qu’il ornera les
bibliothèques de tous les pénitenciers ! De quoi parlera-t-il ?
– Pas de clone ou de catastrophe, aboya Émilie. Monsieur veut écrire sur notre
Président !
– En voilà une idée ? Je me demandais déjà comment tu pouvais écrire sur une
épidémie probable, sur un séisme, mais sur le Président ? J’ai un porte-revues
plein d’illustrés avec Sarkozy ou Cécilia en couvertures, les journaux parlent
aussi énormément de lui, que pourrais-tu bien rajouter ?
– Les réactions des Français devant l’exubérance de notre Président, devant ses
apparitions multiples sur les écrans et dans la Presse…
– Jean est jaloux de sa popularité, coupa sèchement Émilie.
L’homme haussa les épaules en poussant un soupir, ce qui lui valut un regard
plein de reproches.
– Faut dire que notre Président est un sacré bonhomme ! répliqua Marine. Il est
bourré d’idées, plus ou moins heureuses ! Avec lui, ça bouge…
– À un point tel que beaucoup de personnes ont le tournis ! surenchérit Jean.
– Tout ce qu’il fait est courageux, rétorqua Émilie, toutes les réformes qu’il
entreprend auraient dû être engagées depuis des décennies…
– Un grand bravo pour notre militante UMP ! ironisa sa sœur qui prenait
conscience de la fascination de son aînée pour Sarkozy. La directrice du
pénitencier appréciait certaines modifications annoncées par le Gouvernement,
comme le durcissement des peines pour les récidivistes, mais elle n’adhérait pas
à l’ensemble des réformes envisagées.
…/…