2255. La surface du globe est partagée en sept immenses cités, pour ainsi
dire toutes semblables. La couleur dominante des constructions, des vêtements et
des robots varie cependant d’une ville à l’autre. Chacune de ces mégapoles,
dédiée à une planète du système solaire, doit son nom et sa teinte à sa marraine
astrale ; d’immenses forêts ou étendues d’eau séparent Vénusia la violette,
Uranusia la verte, Jupitéria la jaune, Marsia la rouge, Plutonia la bleue,
Mercuria l’orange et Neptunia la rose.
Vénusia est construite sur les mêmes plans que ses sœurs : la cité compte quatre
niveaux dont deux souterrains et un aérien. Chaque étage possède une utilisation
bien définie.
Le niveau le plus profond est réservé aux liaisons entre les cités. D’immenses
gares accueillent une multitude de trains violets, verts, rouges ou encore
oranges, bleus, jaunes ou roses. Ces derniers, vitrés très bas, laissent
descendre de petits flots de passagers, vêtus de façon disparate mais portant la
couleur de leur cité d’origine. Les trains s’engoufrent silencieusement dans
d’énormes boyaux et ne réapparaissent qu’en gare d’une autre mégapole, au même
second sous-sol. De nombreux tapis roulants et escalators relient ce niveau aux
autres étages ; les humains ne marchent presque plus car de la sortie du train
jusqu’à leur destination, tout est assuré par ces tapis et escaliers mécaniques.
Les couleurs des gares sont vives, brillantes, nuancées dans la teinte de leur
marraine astrale. De nombreux éclairages déversent une lumière blanche pour
laisser au décor sa vraie coloration.
Le niveau juste au-dessus, à quelques mètres sous la surface, est réservé aux
trajets rapides à travers la cité. Les citadins arrivent sur de petites
plates-formes d’embarquement grâce aux tapis roulants ; là, ils n’attendent que
très peu de temps les véhicules robotisés qui les emmèneront d’un quartier à un
autre. Ces petits transporteurs métalliques, sans porte et sans toit, peuvent
accueillir jusqu’à quatre passagers, qui resteront debout pendant la très courte
durée du trajet. La destination doit être demandée par un des occupants qui
pianote son choix sur un petit clavier…/
…/ Aujourd’hui Vénusia est en fête : la cité célèbre Vénus. Tous les habitants
se sont rendus dans l’arène. Du second sous-sol montent des colonnes de
visiteurs vêtus des couleurs des sept cités. Le gouverneurs sont assis côte à
côte dans la tribune d’honneur et leurs habits forment un petit arc-en-ciel au
milieu de la foule.
Le spectacle commence par un défilé, rappelant la présentation de leurs aïeux,
paradant pour les Jeux Olympiques, à la fin du vingtième siècle. Chaque
délégation est précédée du drapeau de sa cité, les athlètes arborent les
couleurs de Mars, Pluton ou des autres planètes. L’alignement des participants
est parfait, les robots humanoïdes ouvrant la marche à leurs concitoyens
humains. Les musiques sont différentes pour chaque cortège, elles symbolisent
l’hymne national des mégapoles. Au moment où les fanfares s’arrêtent, les
cortèges convergent vers la tribune d’honneur puis s’immobilisent à quelques
mètres des sept grands de ce monde. Les porte-drapeaux viennent s’agenouiller
devant leur dirigeant respectif : chacun des dignitaires remet alors la clé de
sa cité à son représentant. Les porte-drapeaux rejoignent alors les combattants
et tous se replient dans le coin de l’arène qui leur est réservé. Les Jeux du
Stade vont pouvoir débuter.
Le gouverneur de Vénusia juge bon de rappeler à bon nombre de spectateurs et d’apprendre aux nouveaux venus les règles des Jeux…