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La montée au cimetière était courte et très raide, Carole qui l’avait entamée
d’un bon pas sentit son cœur résonner dans ses tympans, elle ralentit l’allure.
Elle parcourut ensuite les allées principales, tantôt dans le sens de la montée,
tantôt dans celui de la descente, sans trouver la tombe souhaitée. Elle emprunta
alors les allées transversales parfois réduites à un escalier d’une trentaine de
marches. La visite était fatigante car les sépultures étaient posées à flanc de
colline. Parvenue au point le plus haut du cimetière, elle traîna un regard
circulaire par-dessus les croix, cherchant désespérément les endroits qu’elle
n’aurait pas visités. Elle était abattue, découragée. Ses yeux dépassèrent
l’enceinte des lieux et coururent sur les méandres de la Saône, elle ressentit
cette vision comme un encouragement. N’était-ce pas dans cette même rivière
qu’elle avait maquillé le meurtre de son modèle en suicide, à quelques
kilomètres en amont ? Elle savait maintenant qu’elle trouverait ce qu’elle était
venue chercher, elle n’était plus seule. Ses yeux naviguèrent plusieurs fois du
cimetière à sa complice sinueuse et elle découvrit un petit endroit qu’elle
avait oublié d’explorer, dans le bas. Elle dévala la pente, manquant de se
tordre les chevilles en sautant les marches d’escalier deux par deux avec ses
chaussures à talons hauts. Elle était aspirée par cet endroit qu’elle avait
oublié, elle avait l’impression d’être une limaille de fer attirée par un
puissant aimant…